Pour une quatrième année de suite, c’est une rappeuse qui donnera le ton à la grande semaine de la musique québécoise. Sarahmée animera le Premier Gala de l’ADISQ le mercredi 4 novembre prochain, dès 20 h, en direct du MTELUS, à Montréal, et en direct sur les ondes de Télé-Québec. L’Association l’a confirmé dans un communiqué publié le 20 octobre, en dévoilant la liste des artistes en prestation pendant la soirée. Pas moins de 23 prix Félix seront remis durant ce premier gala, qui lance les festivités avant le Gala de l’ADISQ du dimanche 8 novembre, à la Salle Wilfrid-Pelletier.
Une soirée qui traverse les styles
Le Premier Gala, c’est la soirée des catégories d’albums : c’est là que se jouent la plupart des Félix de genres, du rap au folk, en passant par le jazz, la musique globale et les musiques électroniques. Pour cette édition, la scène du MTELUS verra défiler Alicia Moffet, Alphonse Bisaillon, Cruzito, Dan Daraîche, Fredz, Ivan Boivin-Flamand, Laurence St-Martin, Léa Jarry et Marie Céleste. Les vétérans de Vulgaires Machins y feront même une toute première apparition aux Galas de l’ADISQ. Ceux qui manqueront le direct pourront se reprendre le samedi 7 novembre à 18 h et le dimanche 8 novembre à 22 h, toujours à Télé-Québec, ou en rattrapage sur le web et l’application de la chaîne dès le lendemain.
Le même mercredi, la journée aura commencé avec le Gala de l’industrie, animé par Claudine Prévost au Piano Nobile de la Place des Arts, qui récompense les artisans de l’ombre. Quatre jours plus tard, Pierre-Yves Roy-Desmarais prendra le relais pour une troisième année à la barre du grand Gala du dimanche soir. Au total, la 48e édition des Galas de l’ADISQ remettra 56 Félix, à partir d’un bassin de 247 albums, 67 spectacles et 27 vidéos recensés entre le 1er juin 2025 et le 31 mai 2026.
La rappeuse derrière l’animatrice
Si Sarahmée est devenue un visage familier du petit écran québécois, c’est d’abord une rappeuse qui a construit son nom disque par disque. L’artiste québéco-sénégalaise s’est fait connaître avec Légitime en 2015, puis a trouvé sa voix avec Irréversible en 2019, un album qui marie trap et influences afropop. Ont suivi Poupée russe en 2021, puis Pleure pas ma fille, sinon maman va pleurer en 2024, porté par le succès « Ayoye », un morceau ensoleillé où se mélangent afrobeat, reggae et hip hop, et par « Way Too Long ». En 2025, elle a ajouté « Haut les cœurs » à un catalogue qui refuse les cases : chez Sarahmée, la musique qui fait danser n’empêche jamais les textes qui disent quelque chose, qu’il s’agisse d’identité, de fierté ou de résilience.
À la radio, on l’entend aussi à la barre de sa propre émission, Horizons Sarahmée, sur ICI Musique. Cette double vie d’artiste et de communicatrice explique sans doute pourquoi l’ADISQ lui confie le Premier Gala encore une fois : peu de gens connaissent la scène d’ici d’aussi près, des studios aux grandes salles.
Un long chemin vers le micro principal
Ce statut, Sarahmée l’a gagné à la dure, sur plus d’une décennie. Avant les albums distribués partout, il y a eu l’ère des freestyles et des versions maison mises en ligne une à une, où elle reprenait à sa sauce des pièces de Kaaris, d’A$AP Ferg ou de Missy Elliott pour imposer sa voix dans un milieu presque entièrement masculin. Cette école du web lui a forgé une technique et une assurance qui ne l’ont jamais quittée. Depuis, elle fait partie des artistes qui ont ouvert la voie à une nouvelle génération de rappeuses au Québec, et les bilans de la scène la citent régulièrement parmi celles qui ont pris leur place dans les grandes ligues du rap québécois au cours des cinq dernières années. Son émission Horizons, à ICI Musique, prolonge le même travail : faire circuler les musiques d’ici et d’ailleurs, avec curiosité et générosité.
Un symbole qui compte
Il y a vingt ans, imaginer une rappeuse à l’animation d’un gala majeur de l’industrie aurait tenu du pari. En 2026, c’est devenu une habitude, et c’est précisément ce qui rend la chose belle. Le hip hop francophone ne demande plus la permission d’exister dans les grandes institutions de la musique québécoise : il y prend sa place, au micro comme sur scène. Le 4 novembre, quand Sarahmée ouvrira la soirée au MTELUS, ce sont aussi toutes les scènes locales qui seront un peu chez elles. iimiTV suivra la semaine des galas de près, dans le cadre de sa nouvelle couverture du hip hop francophone canadien.




